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LA PRESSE ECRITE LUSHOISE FACE AU DEFI DU NUMERIQUE

CHAPITRE PREMIER 

DEFINITION DES CONCEPTS 

Il s’avère important que nous débutions le corps de notre travail par un point qui prend en charge l’élucidation des concepts dans le but de faciliter la compréhension du sujet, objet de notre étude. Il s’agit de la presse écrite et du numérique. 

I.1. Concepts clés 

I.1.1. La presse écrite 

Parler de la presse écrite conduit sûrement à distinguer deux concepts : presse et écrit

Avant de définir la presse écrite, qu’il nous soit permis de placer un mot sur la presse. 

En effet, plusieurs définitions ont été abordées par différents auteurs selon qu’ils soient philosophes, linguistes, psychologues, politologues, psychiatres, ingénieurs, sociologues, juristes, médecins, etc. 

En journalisme, le concept presse a été abordé presque de la même façon. Dans le cadre de notre étude, nous prendrons en considération quelques définitions qui ont l’avantage de prendre en charge la compréhension de notre concept clé, à savoir la presse écrite : 

Par « presse », écrit Maître Edg. THOMAS, « on entend tout procédé mécanique, physique ou chimique permettant la reproduction en grand nombre d’exemplaires d’un texte »[1]

Pour Michaël BÜHLER, la presse « est un mode de diffusion de l’information événementielle. On distingue la presse écrite (quotidienne, ou périodique), la presse filmée (actualités et journal télévisé), la presse parlée (radio) »[2]

Selon Bernard LAMIZET et Ahmed SILEM, la presse « désigne à la fois, dans le domaine de l’information et de la communication, une machine à imprimer par pression du papier sur la forme imprimante, l’ensemble des journaux et les journalistes quelque soit le média (papiers, radio, télévision). Par ce dernier sens extensif, l’expression presse écrite peut ne plus passer pour pléonastique. La presse en tant qu’ensemble de journaux diffusés auprès du plus large public possible est l’un des cinq grands médias de masse »[3]

Pour nous, la presse apparaît comme un ensemble des journalistes, un ensemble des journaux ou une foule des personnes qui s’entassent. 

Un autre auteur précise le concept en lui dotant d’une épithète à savoir écrite. Ainsi, l’auteur définit la presse écrite comme étant «une technique de production et la diffusion de l’information, à travers le journal imprimé»[4]

D’après MULENGA KANSO, la presse écrite est « un ensemble de moyens mis en œuvre pour informer l’opinion sur les événements d’actualité. Son but primordial est, certes, d’informer d’une manière objective et surtout en un temps record. La presse écrite peut être aussi considérée comme une discipline récente, du moins dans sa forme actuelle. Jadis, l’information était l’apanage de cercles restreints, de certains milieux, de l’élite. De nos jours encore, la presse écrite tend à se spécialiser davantage »[5]

 Nous, nous pensons que la presse écrite désigne, d’une manière générale, l’ensemble des moyens de diffusion de l’information écrite ; ce qui englobe notamment les journaux quotidiens, les publications périodiques et les organismes professionnels liés à la diffusion de l’information. 

I.1.1.1. Histoire de la presse 

Le mot « presse » tire son origine de l’utilisation d’une presse d’imprimerie sur laquelle étaient pressées les feuilles de papier pour être imprimées. Parler de « presse écrite » est donc un pléonasme, même si cette expression sert désormais à différencier la presse par rapport aux autres médias que sont la radio et la télévision

La presse écrite est d’abord apparue sous différentes formes : les nouvelles qui étaient manuscrites, les occasionnels, les libelles, les placards, les almanachs. Souvent il s’agissait de simples feuilles volantes. Cette presse plus ou moins clandestine était vendue en librairie et par colportage. Dès la Renaissance et aux XVIIe et XVIIIe siècles, une partie de l’information écrite se faisait par voie manuscrite, plus particulièrement dans le domaine de la presse clandestine, mais non exclusivement. Ces ateliers de copistes, dont l’exemple parisien le plus célèbre reste la paroisse Doublet, produisaient des journaux que l’on nommait « nouvelles à la main ». 

Le premier périodique imprimé au monde, un hebdomadaire de quatre pages, titré Relation, fut lancé à Strasbourg en décembre 1605 par Jean Carolus[6]

Les évolutions techniques (l’invention de l’imprimerie date des années 1450) et la Révolution française ne permirent pas un réel développement de la presse en raison des mesures politiques qui furent prises pour en bloquer sa liberté. Il faudra attendre le milieu du XIXe siècle, la Révolution industrielle et les mesures favorisant l’instruction pour que ce développement soit effectif. 

Mais, la presse écrite a connu une véritable explosion comme vecteur d’information à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Elle occupa une position de monopole de fait, avant que la radio et la télévision ne s’imposent, à leur tour, sur le marché des médias. La loi sur la liberté de la presse est enfin promulguée le 29 juillet 1881

Cependant la presse écrite tend à reculer à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle, malgré le lancement de nouvelles formes (la presse gratuite, les magazines destinés à des segments de population ciblés) face à la fois à d’autres médias de masse, mais aussi aux médias citoyens. Selon l’OJD, organisme de référence sur la diffusion de la presse, la diffusion des quotidiens et des magazines a perdu 2 % en 2003. Sur dix ans, la diminution est de 8 %. Mais cela cache des disparités profondes : la presse magazine progresse lentement tandis que la presse masculine, ou celle liée au spectacle, concurrencée par le Web, perd des lecteurs. 

Pour le contexte nord américain, une étude de 2006 du chercheur Robert G. Picard a établi : « La diffusion des quotidiens était de 53,829 millions d’exemplaires vendus chaque jour en 1950, contre 54,626 millions en 2004, alors que la population totale a augmenté de 131,2 millions dans la même période ! On est ainsi passé de 353 exemplaires vendus pour 1 000 habitants à 183 pour 1 000 à peine, soit une chute de 48 % »[7]

I.1.1.2. Fonctions 

La presse écrite « remplit toujours comme les autres médias, les trois fonctions traditionnelles : celles de renseigner, informer, distraire »[8]

En clair, parmi les fonctions de la presse, nous pouvons évoquer, avec Aldo FALCONI, ce qui suit : 

-      elle « donne des renseignements pratiques pour la vie et l’activité du lecteur. Au consommateur, elle annonce les prix, les réclames, les différents magasins. Au travailleur, elle signale les offres d’emploi, les problèmes salariaux…aux producteurs, elle explique la conjoncture économique, souligne la hausse des matières premières… » ; 

-        la presse informe ses lecteurs en publiant les nouvelles de l’actualité, depuis les événements internationaux jusqu’aux faits divers locaux. La plus ou moins grande importance accordée aux premiers ou aux seconds permet de distinguer une presse formatrice, d’une grande presse superficielle et évasive ; 

-        la presse écrite a aussi la fonction de distraire : elle le fait soit ouvertement en se consacrant tout entière à ce but par des jeux, mots croisés, feuilletons, etc., soit en mêlant sournoisement le fait divers avec le romanesque et la fiction. 

A côté de ces fonctions traditionnelles ci-dessus, il faut ajouter des fonctions nouvelles comme celles d’intégration, d’éducation et de contestation, qui sont des fonctions moins explicites. 

-      Fonction d’intégration 

A ce stade, nous sommes d’avis que la presse contribue aussi à susciter et à souder un groupe sur des réactions et des comportements communs et l’intègre à un système politique, économique et social à l’intérieur duquel on pense. Ici, nous pensons aux journaux d’entreprise ou aux revues des partis politiques, par exemple. 

-      Fonction d’éducation 

Il s’agit ici d’une presse qui offre de la documentation nécessaire ou fournit une explication sur les nouveautés dans différents domaines. Dans ce cas-là, la presse vulgarise les connaissances et les cultures. 

-      Fonction de contestation 

Cette fonction de la presse est notamment d’application dans le domaine de la presse politique où les journaux ou les médias jouent le rôle de contestation ; cela fait penser à l’expression de « Presse, quatrième pouvoir » dans le système démocratique. 

Cependant, WARREN Agee, EDWIN Emery et PHILLIP H. Ault pensent, que la troisième fonction éditoriale de la presse, est celle de distraire le lecteur, tout en lui fournissant informations et instruction. Ce qu’on appelle les faits divers, c’est-à-dire des sujets fondés plutôt sur le talent du rédacteur que sur la valeur intrinsèque en tant qu’information, ont toujours été très prisés des lecteurs. Les reportages à sensation, dont le sujet concerne les passions humaines, le crime et la violence, et des récits épicés sur les faits et gestes des grands de ce monde »[9]

I.1.1.3. Types 

La presse écrite « peut être catégorisée selon les critères suivants de publications qui peuvent être classées en fonction : de son contenu ; sa périodicité ; son tirage ; son édition ; son destinataire ; sa zone de diffusion ; et en fonction de son mode de distribution »[10]

a.  Selon le contenu, on retrouve : 

-    La presse d’information générale : elle a pour mission d’annoncer les événements. 

-    La presse d’opinion : cette presse se donne pour objectif d’exposer les points de vue ou l’opinion d’un individu. 

-    La presse spécialisée : celle-ci concerne un secteur bien déterminé d’un domaine de la vie. 

-    La presse de distraction : elle met l’accent particulier sur les faits divers et divertissements. 

b.  Selon la périodicité 

Ici, nous avons la catégorie, selon la fréquence de parution. 

-    Les quotidiens : ce sont des journaux qui paraissent tous les jours ; 

-    Les hebdomadaires : journaux qui paraissent 1x/semaine ; 

-    Les bihebdomadaires : journaux qui paraissent 2x/semaine; 

-    Les mensuels : journaux qui paraissent 1x/mois ; 

-    Les bimensuels : journaux qui paraissent 2x/mois ; 

-    Les trimestriels : journaux qui paraissent 1x/trimestre ; 

-    Les semestriels : journaux qui paraissent 1x/tous les 6 mois. 

 

c.  Selon le tirage 

Par tirage, il faut entendre le nombre d’exemplaires imprimés : 

-    Presse à grand tirage : plus ou moins (±) 20.000 exemplaires ; 

-    Presse à petit tirage : moins de (-) 20.000 exemplaires. 

d.  Selon l’édition 

-    Publication commerciale ; 

-    Publication institutionnalisée ; 

-    Les magazines. 

e.  Selon le destinataire 

-    C’est-à-dire, en fonction du sexe ou de l’âge. 

-    Presse masculine ou féminine ; 

-    Presse enfantine, presse pour jeunes et presse pour vieillards. 

f.   Selon la zone de diffusion 

-    Presse locale, provinciale, nationale et internationale. 

g.  Selon le mode de distribution 

-    La presse payée ; 

-    La presse gratuite. 

I.1.2. Numérique (Numérisation) 

L’adjectif numérique se dit du « codage d’une information d’un signal sonore ou vidéo, sous forme de chiffres représentés généralement en mode binaire (0 ou 1) »[11]

Aldo FALCONI, ssp & François-Xavier BUDIM’BANI YAMBU définissent numérisation comme « une opération réalisée par le scanneur, qui consiste à convertir un document physique (texte ou image) en données numériques directement utilisables et interprétables par l’ordinateur »[12]

Selon Le Robert MICRO, numérisation « est un système permettant d’écrire et de nommer les divers nombres »[13]

Le terme numérisation « est un substantif qui désigne les procédés de transmission, de traitement et de stockage de l’information utilisant des signaux constitués d’une suite de chiffres représentés en mode binaire (0 ; 1), c’est-à-dire, l’information peut être traduite en une suite de 0 et de 2, c’est-à-dire en langage numérique traitable par l’ordinateur »[14]

Quant à nous, nous pensons que numérisation est une action de représenter un signal (caractère, image, impulsion, etc.) sous forme de nombres binaires. 

Cette numérisation consiste à revenir à un système plus simple de codage du signal reposant sur des impulsions représentables sous forme de 0 et de 1. Ce code binaire circule dans les réseaux et est décodé par un terminal qui le restitue sous sa forme analogique. 

I.1.2.1. INTERNET 

L’Internet est né avec l’instauration des protocoles TCP – IP[15] inventés par VINTON Cerf et Robert KAHN en 1974. La technique permet « la mise en réseaux »[16] selon l’expression de l’économiste Elie NOAM. Il est important de faire un bref rappel historique et de présenter les différents services d’Internet. En plus il nous semble nécessaire de souligner quelles sont les conditions d’accès à Internet en République Démocratique du Congo. 

I.1.2.1.1. Définition et origine 

I.1.2.1.1.1. Définition 

Internet est un « réseau mondial constitué par une multitude de réseaux informatiques de dimension mondiale reliés les uns aux autres suivant le même protocole de communication, associant des ressources de télécommunication et des ordinateurs, serveurs et clients et destiné à l’échange de messages électroniques, informations multimédias et de fichiers. Cette communication planétaire est accessible à tous grâce à un ordinateur couplé à un modem, et par le biais d’un abonnement à un fournisseur d’accès. Internet n’est pas administré par un organisme centralisé. On s’y connecte pour « surfer » (de l’anglais : naviguer) librement en payant un droit d’accès à un fournisseur d’accès. Ses utilisateurs (Internautes) échangent des courriers électroniques, participent à des discussions au sein des groupes de discussion et consultent des pages d’information des bases de données qui y sont connectées »[17]

Selon Peter KENT, Internet est un réseau global à haut débit de réseau informatique. En d’autres termes, Internet est composé de nombreux ordinateurs appelés serveurs qui hébergent des fichiers d’informations. Ces fichiers leurs sont envoyés par des ordinateurs clients connectés au moyen de modems, câbles ou ondes. Internet est un cas particulier de réseau d’ordinateurs pour deux raisons selon Peter KENT : « Il s’agit du réseau mondial le plus vaste et il est ouvert à tous par le biais d’un abonnement dont le prix ne cesse d’être revu à la baisse »[18]. Chacun des réseaux connectés est autonome, avec ses propres règles, ses utilisateurs, ses clients, ses services : L’Internet est décentralisé. 

Pour DIKANGA KAZADI Jean-Marie, l’Internet « peut se définir selon trois acceptions »[19] : 

ü  Au sens strict, c’est un réseau d’interconnexion de tous les réseaux qui utilisent la famille de protocole IP ; 

ü  Par extension, Internet est l’ensemble de tous les réseaux qui coopèrent pour former un réseau virtuel unique pour leurs utilisateurs ; 

ü  Et enfin, de manière générale, c’est un méga réseau des données globales à couverture mondiale. 

I.1.2.1.1.2. Histoire de l’Internet 

En 1960, le gouvernement des Etats-Unis fait une demande à la Rand Corporation. Il s’agit de créer un système de communication infaillible entre toutes les bases américaines disséminées dans le monde. Ce système devra assurer la transmission d’informations même en cas d’attaque nucléaire. L’idée de base de la conception de ce système fut de diviser l’information en plusieurs paquets. Chaque paquet pouvant alors emprunter un itinéraire personnel (Ligne téléphonique, faisceaux hertziens ou satellites). Portant un numéro et une adresse, les paquets se reconstitueraient à l’arrivée pour composer le message d’origine. Les ordinateurs communiquent à l’aide d’un langage commun, le Tcp/IP (Transmission control protocol/Interconnection protocol). Le Tcp place ces paquets dans des enveloppes sécurisées et l‘Internet protocol ajoute l’adresse de l’ordinateur destinataire. Les premiers essais sont concluants et en 1969, le réseau Arpanet est créé. En 1972, on recense 37 nœuds (4 au départ).    

En plus des militaires, des savants et chercheurs commencent à se connecter au réseau ; ARPANET facilite l’échange des thèses et rapports entre confrères. La messagerie est, dès lors, la première utilisation entre réseaux. Le système de liste permettant d’envoyer le même message à un nombre d’utilisateurs concernés par le même sujet est né à la même époque. Au début des années 80, ARPANET adopte le protocole de communication TCP-IP qui permet à tous les ordinateurs existants sur le marché de bénéficier d’un système de communication unique, simple et fiable. ARPANET se scinde en deux créant le réseau MILNET strictement réservé à l’usage militaire et ARPANET désormais ouvert aux structures indépendantes des autorités militaires. En 1990, le réseau ARPANET estimé trop coûteux en entretien et sans développement significatif est dissout et ses utilisateurs rejoignent le réseau NSFNET. « Le nombre d’utilisateurs se multiplie »[20] dans le monde à une vitesse vertigineuse. 

L’importance de l’internet a fait déclarer à VETRAINO que « Internet, c’est la nouvelle communication, plus interactive que l’ordinateur, plus riche que le téléphone, plus participative que la télévision, plus économique que le fax et plus riche que le courrier. C’est un nouveau moyen de communication qui se lie aux journaux pour créer une nouvelle dimension de l’information »[21]. 

A la fin des années 80, on compte des milliers d’utilisateurs à travers le monde. Ceci grâce aux différents services que propose Internet. 

INTERNET AU CONGO 

Crée en 1972 par l’Armée Américaine et ouvert au public depuis 1983, c’est seulement vers 1995 que l’Internet sera ouvert au public congolais à travers quelques cybercafés de la capitale. 

Toutefois, l’Internet en R.D.C. constitue un luxe pour une population préoccupée par la survie. Dans ce secteur, un effort de numérisation est en cours au niveau de certains exploitants en RDC. 

Vers la fin des années 70, la R.D.C. était l’un des pays les plus informatisés, rivalisant avec l’Afrique du Sud, l’Algérie, le Nigéria et la Côte d’ivoire, pour devenir aujourd’hui le plus pauvre en infrastructures de télécommunication[22]

ACCES A INTERNET 

Il faut d’emblée noter qu’Internet rend accessible au public des services variés comme des courriers électroniques, la messagerie instantanée et le World Wide Web (www). 

Pour accéder à INTERNET, il faut disposer des éléments suivants : 

ü  Avoir un ordinateur ou un portable ; 

ü  Avoir un modem ; 

ü  L’accès à Internet peut être aussi obtenu grâce à un fournisseur d’accès à Internet via divers moyens de télécommunication : soit filaire (réseau téléphonique commuté (bas débit), ADSL, fibre optique jusqu’au domicile…) , soit sans fil (Wi-fi, Internet par satellite, 3G+…). Un utilisateur d’Internet est désigné en français par le néologisme « internaute » ou « cybernaute ». 

I.1.2.2. Presse électronique 

Internet en tant que média autorise de nouveaux défis à la presse. D’une part, elle sert d’interface pour la collecte des informations et leur diffusion ; d’autre part, Internet est une concurrente en tant que média. 

Aujourd’hui une nouvelle presse a vu le jour, pour entrer en concurrence avec le trop plein d’informations qui existe sur Internet : La presse en ligne. Appelée aussi presse numérique, presse électronique ou cyberpresse, c’est la version en ligne des journaux traditionnels (ayant une version imprimée)[23] sur Internet. 

La presse électronique ou la presse en ligne est donc cette modification, cette nouvelle approche de la diffusion des informations, du contenu des journaux. Parlant de la diffusion, il est possible aujourd’hui d’atteindre un public clairsemé et éparpillé à tous les coins de la planète. A travers l’interactivité que permet l’Internet, il est envisageable de communiquer avec ce public redéfini. Il n’est plus question d’estimer que les lecteurs d’un journal sont ceux qui ont accès à sa version imprimée. Parlent de ce public qui est délocalisé de la zone de diffusion du journal, il est possible effectivement pour lui de recevoir les informations de son pays en consultant les sites de journaux en ligne[24]

Nous pensons, quant à nous, que la presse électronique est une publication des journaux sur Internet. 

I.1.2.3. Cyberjournalisme 

On ne peut pas parler de cyberjournalisme sans pour autant parler de cyberécriture. C’est pourquoi nous allons, au préalable, dire un mot sur la cyberécriture

1.       LA CYBERECRITURE 

Depuis que l’auteur de science fiction William GIBSON a inventé le terme cyberespace, le préfixe cyber est utilisé abondamment. Selon GIBSON, ce terme désigne « l‘information qui circule sur les réseaux informatiques dotant tout ce qui y transite d’une forme inquiétante de quasi-vie comme si les réseaux étaient le support d’un nouvel univers virtuel en voie de devenir autonome par rapport au monde réel »[25]; c’est-à-dire que le cyberespace est en passe de devenir un monde indépendant par rapport au monde réel. 

La différence de fond entre les modes d’écriture des journaux imprimé et électronique, c’est que l’information (textes, sons et images) en s’automatisant grâce à la numérisation peut être restructurée par l’utilisateur. L’information peut ainsi être recombinée de manière informatique en fonction des choix du lecteur. Cependant, l’essentiel du métier de journaliste ne change pas avec Internet bien que la cyberécriture ait quelques particularités du fait de la structure d’un journal en ligne. 

1. Particularités du journal en ligne 

a) L’interactivité 

L’interactivité entre le journaliste et son lecteur n’est pas née avec Internet puisque, depuis l’invention du courrier des lecteurs, émetteurs et récepteurs dialoguent. Mais Internet donne une ampleur nouvelle à l’interactivité, transforme les rapports entre le journaliste et son lecteur. Grâce au courrier électronique, le lecteur peut réagir sur un article, demander des précisions à son auteur. Sur Internet, le lecteur, à travers les mails, les fora ou les newsgroups, peut réagir instantanément à un article et grâce au chat, il peut discuter avec l’auteur de l’article ou d’autres journalistes de la rédaction. «La révolution, c’est que le récepteur devient à son tour émetteur et ceci avec le même outil qui lui sert à recevoir les informations »[26]. Par-là même, la fonction communautaire du journal (et la fidélité pour la publication) se renforce, comme en témoigne la multiplication des fora de discussions sur les sites web des journaux. 

b) Le multimédia 

Le journal en ligne peut combiner sons, textes, images et vidéos mais à cause du temps de chargement important qu’il implique, le multimédia est très peu utilisé dans les pages des journaux. Le multimédia aide surtout à triompher des handicaps que l’on avait cru insurmontables. Grâce à l’hypertexte, le texte écrit est libéré de sa linéarité. 

c) Volume et profondeur 

Le journal imprimé est limité dans l’espace. La radio et la télévision sont limitées par le temps. L’Internet ne connaît aucune de ces deux limites. Grâce à sa structure arborescente, le journaliste peut rajouter les informations à toute heure, adjoindre de nouvelles informations sur les anciennes en les rendant lisibles grâce aux hyperliens. Il est alors facile de multiplier les niveaux de traitement d’une information. La segmentation des niveaux de lecture est infiniment ouverte. 

d) La personnalisation de l’information 

La force presque paradoxale de l’Internet est de s’adresser au plus grand nombre mais aussi de pouvoir retenir l’attention du public ciblé pour lui offrir une information spécifique et personnalisée. Internet marque l’avènement du « one to one », cette pratique venue du marketing direct et qui, pour les éditeurs de presse, consiste à livrer en ligne, une édition unique pour chaque lecteur, en fonction de ses besoins. On fait appel aux cookies pour cette méthode. Les cookies sont des petits fichiers que les sites écrivent directement sur le disque dur de l’utilisateur. Ils peuvent permettre d’attribuer un code particulier à chaque utilisateur, alors référencé dans la base de données du site Web. Le type d’informations collectées concerne les activités de l’utilisateur quand celui-ci est connecté: l’ouverture de session, les préférences, le dernier site visité… Conçus à l’origine pour la reconnaissance des visiteurs revenant fréquemment sur un site, leur fonction principale est aujourd’hui de saisir les caractéristiques principales de l’utilisateur pour adapter le contenu (et notamment la publicité) d’un site Web à ses attentes. 

2.       LE CYBERJOURNALISME 

Dans le monde de la presse en ligne, la fonction journalistique perd ses repères traditionnels. Il est préférable pour les journalistes d’offrir au lecteur un contenu enrichi grâce aux ressources qu’offre le support Internet. De l’article,  le journaliste doit passer au traitement multimédia du sujet et surtout, le journaliste perd le monopole qu’il détenait sur l’accès aux sources d’information et en conséquence le monopole de leur diffusion. En considérant Internet comme un média particulier et la cyberécriture comme un style lié au média, il y a lieu de s’interroger sur le cyberjournalisme

1. Contexte actuel 

a) Perte du monopole de l’information 

C’est la conséquence directe du world wide web. La toile fournit des données provenant de diverses origines et cela remet en cause l’une des missions fondamentales du journalisme : Informer. En premier lieu, il perd son monopole d’accès aux sources d’informations car tout le monde peut rechercher des informations sur le net. En second lieu, la diffusion de l’information peut désormais se faire sans la courroie de transmission que sont les journalistes : n’importe qui est en droit de mettre en ligne un site se proclamant informatif. 

b) Perte du monopole de diffusion 

A cette démonopolisation de l’accès aux sources s’ajoute la perte du monopole de diffusion. Quiconque peut s’autoproclamer cyberjournaliste. De plus, grâce au faible coût que suppose la création d’un site web, la plupart des acteurs de la vie sociale peuvent désormais diffuser et échanger directement leur information originale sans nécessairement passer par le filtre des journalistes. La situation se complique davantage dans les pays comme la RDC où la profession est en manque de repères. Qui est journaliste au Congo ? En l’absence d’une réponse satisfaisante à cette question, il est difficile de définir le cyberjournaliste

c) Perte de crédibilité 

La surabondance de l’information et l’absence de contrôle font de la toile une sorte de boîte de pandore. On y retrouve en effet, un très grand nombre de propagandes, bruits de couloirs et informations non vérifiées. L’un des exemples patents de cette perte de crédibilité est le syndrome de Salinger[27]. L’autre danger réside dans la falsification des documents. Ceci est facilité par les possibilités technologiques liées à la numérisation. La question de la crédibilité renvoie fondamentalement à la maîtrise des techniques journalistiques à savoir recouper et vérifier les informations avant leur diffusion. 

2. Cyberjournaliste : profession à part entière 

Dans un contexte de surabondance de l’information, de démonopolisation de l’information et de sa diffusion, le journaliste est interpellé. Cette nouvelle profession nécessite quelques connaissances et compétences. 

a) Maîtrise de la déontologie 

Distinguer le bon du mauvais, le vrai du faux, l’intoxication de l’information est une tâche très difficile et c’est ce à quoi s’occupe le cyberjournaliste. Ainsi, la valeur ajoutée que le journaliste apporte aux informations est précieuse. 

De nombreux moteurs de recherche, sur la base des données introduites par l’internaute donnent des informations aménagées. Mais tout y est mêlé et il appartient à celui qui cherche les informations de trier l’éthique et la déontologie sont plus que jamais de mise dans ce contexte. 

Face à la concurrence de plus en plus forte de ces nouveaux acteurs, la difficulté pour les entreprises de presse en ligne est double. D’une part, il est bien souvent difficile de déterminer sur l’Internet quel est le statut de l’information que l’on consulte : s’agit-il d’une information presse, d’un publi-reportage, d’un contenu produit par une agence de communication ou par des journalistes amateurs ? D’autre part, la distinction en termes de « qualité » entre les informations est de plus en plus difficile à établir. Ce double processus de brouillage qui concerne l’origine et la nature des informations diffusées sur l’Internet représente à n’en pas douter le grand défi que les entreprises de presse en ligne ont à relever. 

I.1.2.4. Multimédia 

Pour LUHEMBWE NGOY Raymond, multimédia désigne une « combinaison de textes, de sons, d’images fixes, animées et d’animations[28] ». 

Le terme multimédia désigne « une technique permettant l’enregistrement, sur un même support, et la restitution, sur un même écran, de documents ou d’informations numériques superposées sous forme des textes, des graphiques, des sons, des images fixes ou animées. 

-      Pour l’utilisateur, le multimédia est accessible hors ligne (distribution de supports comme les disques compacts cd-rom ou DVD… lus par un lecteur autonome : off line), ou en ligne (diffusion sur réseaux hertzien terrestres, satellitaire ou de câble, autoroute de l’information : on line). Désigne couramment tout média intégré interactif »[29]

I.2. Concepts connexes 

I.2.1. Lushois 

L’adjectif  qualificatif « lushois » est un néologisme admis pour désigner tout ce qui se rapporte à la ville de Lubumbashi, qu’il s’agisse des habitants ou des objets, etc. 

Il est le résultat d’un procédé abrégé de lu(bumba)shi (lushi) auquel on a ajouté le suffixe –ois pour donner lushois.    

Pour ce faire, qu’il nous soit permis de dire le toponyme Lubumbashi

En effet, jadis nommée Elisabethville, Lubumbashi est l’actuel  chef-lieu de la province du Katanga. Le terme Lubumbashi tire son origine du nom de la rivière au bord de laquelle la ville avait été fondée. A l’occasion de la philosophie de recours à l’authenticité prônée par le Président MOBUTU, la ville, jadis Elisabethville, porta le nom de Lubumbashi en 1965[30] et, à partir de 1971, Katanga devint Shaba. 

I.2.2. Convergence 

I.2.2.1. Définir sa portée 

Convergence désigne un « processus d’intégration de l’informatique, des télécommunications et de la radiodiffusion, rendu possible par la numérisation des signaux qui permet de transmettre, sur un même support, des sons, des textes et des images (produits multimédias) »[31].  

La société de l’information est en train de devenir une réalité. Les transformations qu’elle va inférer sont à un tel point qu’un sommet en deux temps lui est consacré. Il s’agit du sommet mondial sur la société de l’information, dont la première phase s’est déroulée à Genève en 2003 et la deuxième phase avait eu lieu au mois de novembre 2005 en Tunisie. Ce phénomène est alimenté par le changement rapide des technologies qui transforment les industries de l’information. L’émergence de cette société du savoir est davantage facilitée par la révolution numérique qui bouleverse et transforme le monde de l’industrie de l’informatique. Le livre vert édité par la commission européenne sur la convergence dans la société de l’information donne plusieurs définitions du concept de convergence : « Capacité de différentes plates-formes à transporter les services essentiellement similaires[32] » ; « Regroupement des équipements grand public comme le téléphone, la télévision et les ordinateurs personnels[33] ». 

Ce dernier sens est le plus vulgarisé et malgré cela, la convergence des équipements est aujourd’hui moins réelle que la convergence des réseaux. La convergence est surtout celle des services, offerts non plus séparément mais à partir d’une offre groupée accessible grâce à des terminaux multifonctionnels abolissant les frontières qui existent entre les équipements. 

C’est fort de ce principe de l’abolition des frontières que le monde de l’édition a subi le coup de la révolution. Aujourd’hui, par souci de modernité et pour répondre aux exigences d’un public diversifié, universel et exigeant, de nombreuses publications ont investi la toile. 

I.2.2.2. Evolution du concept 

Le concept de convergence est apparu dans les années 80 à partir d’un constat simple qui tient, pour l’essentiel, au développement rapide de la numérisation des signaux (textes, images et sons) et des réseaux qui transportent ces signaux. Cette numérisation consiste à revenir à un système plus simple de codage du signal reposant sur des impulsions représentables sous forme de 0 et de 1. Ce code binaire circule dans les réseaux et est décodé par un terminal qui le restitue sous sa forme analogique. 

Ce nouveau mode de transmission de l’information, hérité de l’informatique et de ses capacités de calcul, n’a pu se généraliser qu’avec la « banalisation » de l’ordinateur. L’ordinateur est devenu non seulement un outil permettant le codage numérique, mais aussi un instrument de communication désormais intégré au réseau et déterminant le fonctionnement. 

« C’est pourquoi même si le principe de la convergence de l’informatique et des télécommunications avait pu être préfiguré dès les années 1970, ce n’est que plus tardivement, sous l’impulsion du développement rapide d’Internet et du protocole IP que la convergence s’est vraiment affirmée comme un principe guidant les technologies de l’information et de la communication[34] ». 

                                               

CHAPITRE DEUXIEME 

LA PRESSE ECRITE : DE L’IMPRIME A L’ELECTRONIQUE 

II.1. Presse écrite lushoise (de 1960 à ce jour) : Parcours et péripéties 

La presse écrite a commencé bien avant la presse audio-visuelle, non seulement au Katanga, mais dans toute la République Démocratique du Congo. Et il sied de signaler que concernant toute l’Afrique Centrale, le premier journal écrit est sorti de presse le 8 mars 1928 à Elisabethville (actuellement Lubumbashi) sous l’appellation de « L’Essor du Congo ».  

Son éditeur directeur fut le belge Jean SEPULCHRE qui s’était installé au Congo vers 1927 en créant la société Essoriale

La sortie de ce journal fut un événement, car ce fut une première dans toute l’Afrique Centrale. Jean SEPULCHRE créa en plus « L’IMPRIMERIE BELGO-CONGOLAISE », IMBELCO en sigle pour répandre ses informations au-delà du cercle intime en produisant en grand nombre. Et c’est un peu plus tard que d’autres journaux naissent au Katanga et à Léopoldville (actuellement Kinshasa). 

Pendant cette période coloniale, et avant l’avènement de la IIème République avec Mobutu, seul L’Essor du Congo (=L’Essor du Katanga), L’Echo du Katanga, Uhaki, Katanga paraissaient. A part Uhaki qui était un bulletin du Département de l’information, les autres étaient des quotidiens indépendants. Cette presse écrite au Katanga avait, au lendemain de l’accession du Congo à l’indépendance, le statut de la presse coloniale. Chaque organe de presse dépendait soit d’un groupe politique, économico-financier, soit d’un seul individu. 

A l’accession du pays à l’indépendance, les Européens ne pouvaient plus s’occuper de la politique ; on les a obligés à vendre leurs journaux. C’est ainsi que le Belge Jean SEPULCHRE avait vendu son journal à des personnalités congolaises dont faisait partie Samuel MAWAWA qui fut le premier Président du Conseil de Gérance du journal L’Essor du Congo. Toutefois, Jean SEPULCHRE continua à travailler au journal L’Essor du Congo (L’Essor du Katanga) pendant quelques années avant de prendre sa retraite. Et avec la sécession du Katanga, deux organes de regroupement naquirent : l’Association de la Presse Congolaise à Léopoldville et l’Association Katangaise de la presse, AKAP en sigle à Elisabethville, avec Pascal HAMICI comme Président et Jacques TSHILEMB KOT comme Premier Vice-président. 

Après la fin de la sécession Katangaise, les journalistes de Léopoldville et d’Elisabethville prirent la décision de fusionner les deux associations après plusieurs négociations. C’est ainsi que le premier congrès national de la Presse au Congo se tint du 13 au 15 août 1963 à Léopoldville. Et à l’issue de ce congrès, il avait été créé l’Association de la Presse Congolaise dont le premier président fut Gabriel MAKOSO, et le Vice président Pascal HAMICI. Il y avait 24 membres à ce congrès dont 19 de Kinshasa, 1 de Bakwanga (Mbuji-Mayi actuellement), 1 de Luluabourg (Kananga actuellement), et 3 du Katanga parmi lesquels Pascal HAMICI de La Voix du Katanga, Jacques TSHILEMB KOT de L’Essor du Katanga et P. NYEMBO de La Voix du Katanga

Mais en 1966, un grand changement est intervenu dans la presse écrite ; en effet, tous les éditeurs de journaux avaient été convoqués à Léopoldville, où l’on nous a fait savoir qu’à partir de ce moment là, tous les journaux devraient bénéficier des subsides de l’Etat. On avait commencé par allouer un montant correspondant au salaire du personnel du journal.
En 1971, il ya eu naissance d’autres journaux quotidiens au Katanga, mais avec la Zaïrianisation, ce sont des noms authentiques qui devraient être pris. Et le 7 août 1972, le Ministre  de l’Information de l’époque, le Citoyen SAKOMBI INONGO, signait un décret dans ce sens. En effet, lors de la réunion du 29 février 1972 à Kinshasa, l’Association des Editeurs des journaux, décidera, dans le cadre de l’authenticité zaïroise, de changer tous les noms des journaux dès  le début de mars 1972. Tous les titres antérieurement en français firent place à des titres africains. C’était le début de la première réforme des noms au sein de la presse écrite : L’Essor du Zaïre-ex L’Essor du Congo, L’Essor du Katanga) et la Dépêche travailleront ensemble au Katanga sous le nom de Taïfa (Nation) ; ce sera un quotidien. La Voix du Katanga qui deviendra Ukweli (La Vérité) puis Mwanga (La Lumière) évoluera comme Hebdomadaire. Cette année est le début de la première permutation des Directeurs des journaux dont la majorité était composée de propriétaires. Ils perdirent ainsi leur qualité de propriétaires pour ne devenir que de simples « fonctionnaires » sans statut ! 

En 1975, une nouvelle réforme de la presse qui consistait en la suppression de plusieurs organes au pays et n’en garder que quelques uns dont Mwanga qui devenait ainsi le seul quotidien  au Katanga. Rappelons toutefois que la Gécamines et la SNCC avaient leur mensuel qu’elles produisaient elles-mêmes en tant que journal d’entreprise. Et c’est en 1976 que le seul quotidien du Shaba (ancien nom du Katanga) changea de nom en devenant MJUMBE

En 1981, le président Mobutu libéralise la presse écrite par l’Ordonnance-loi du 2 avril qui abrogeait celle du 28 octobre 1970 sur la liberté de la presse au Zaïre (=RD Congo). Et les directeurs éditeurs redevenaient encore une fois propriétaires des journaux ! Mais les subsides de l’Etat continuaient. 

En 1990, après le discours historique du Maréchal Mobutu instaurant le pluralisme politique, il y a eu explosion au niveau de la presse écrite, partout au Congo. Donc le Katanga n’a pas du tout été épargné par cette explosion des journaux. Mais ils devenaient privés et n’étaient plus subventionnés jusqu’à nos jours[35]. Il faut toutefois féliciter les éditeurs qui croient en leurs métiers, en dépit des grandes difficultés qu’ils ont dans la production des journaux. C’est grâce à eux que l’histoire du Katanga se poursuivra ; s’ils se décidaient d’abandonner, il n’y aura plus d’archives sur le Katanga. Et avec la création du Centre de Presse du Katanga il y a quelques années seulement avec l’apport des Belges, la presse écrite  semble se réveiller avec la naissance de plusieurs journaux. Toutefois, soulignons que ce Centre de Presse du Katanga n’a pas des vraies machines pour produire à moindre coût des journaux. 

II.2. Presse électronique à Lubumbashi 

« L’imprimé ne disparaîtra pas, mais il sera probablement décentré sur le document numérisé [...] De toute évidence, le texte imprimé ne sera plus le support incontournable de tout écrit, mais correspondra plutôt à certaines façons de lire, lecture studieuse »[36].  

L’arrivée d’Internet a relancé le débat sur la mort du journal imprimé comme cela avait eu cours avec l’avènement de la radio ou encore de la télévision. Depuis sa création, la presse a toujours connu des évolutions technologiques qui n’ont pas changé son essence traditionnelle. Internet constitue une véritable révolution car il modifie le support de diffusion et même le contenu qui, à terme devra s’adapter à la singularité du Net. 

La presse en ligne remodèle le métier de journaliste et surtout construit un usage nouveau quant à sa consommation car on ne lit pas un journal sur l’Internet comme on lit un journal papier. Sur le plan professionnel, le métier de journaliste a évolué compte tenu du contexte actuel qu’on peut décliner en deux types de perte : 

Perte du monopole de l’information et de diffusion : Un débat est en cours sur la nature et le statut des données que peuvent diffuser les blogs. La toile fournit des données incroyables provenant des multitudes de sites éparpillés à travers le monde et donc la fonction est d’informer. Dans ce contexte, le journaliste dont le métier est d’informer perd de son prestige sur Internet car quiconque veut peut créer un site informatif. En plus de la démonopolisation de l’accès aux sources d’informations, on a la perte du monopole de diffusion. N’importe qui peut s’autoproclamer cyber journaliste. La situation est davantage compliquée dans des pays comme la RDC où la profession dans sa définition est en manque de repères réels. Aujourd’hui, on ne saurait répondre à la question qui est journaliste au Congo(RDC), donc encore moins à celle de qui est cyberjournaliste ? 

Perte de crédibilité : le Web aujourd’hui est une boîte de pandore dont la surabondance des informations et le manque de contrôle sont les causes. L’on se souvient encore du syndrome de Salinger que nous avons expliqué ci-haut. Le caractère universel d’Internet est à l’origine de sa grande faiblesse, celui, d’une véritable absence de régulation. 

La presse électronique est la publication des journaux sur Internet. La ville de Lubumbashi a suivi le pas engagé aux Etats-Unis et aujourd’hui, de nombreuses publications lushoises existent sur la toile. Quels sont les particularismes de ce nouveau type de diffusion de l’information et quels changements cela implique au niveau du métier de journaliste ? En plus d’élucider ces préoccupations, cette partie retrace l’histoire de la presse en ligne, ses avantages et ses désavantages. 

II.2.1. Les débuts de la presse en ligne 

Les débuts de la presse en ligne remontent à l’année 1992 aux Etats-Unis. La première expérience de mise en ligne a été faite par le Chicago Tribune par le biais du serveur American on line. Mais le premier journal à tirer parti d’Internet est le quotidien San José Mercury news. Le site mis en place par le groupe knight-rider a pour nom Mercury news. Ce journal propose depuis mai 1993, une version électronique du Mercury news et il offre aussi de nombreuses informations supplémentaires [37]: Les documents d’agence de presse, les articles non parus dans l’édition imprimée, les textes intégraux de conférences, les données boursières, les programmes complets des chaînes de télévision et les petites annonces. Si les limites d’utilisation ne sont pas négligeables, les possibilités de ce nouveau média ont incité de nombreux groupes de presse à se lancer dans l’aventure. Bien que les Etats-Unis soient des pionniers en la matière, la presse en ligne se développe rapidement et conquiert d’autres continents comme l’Afrique et des pays comme la République Démocratique du Congo. 

La mise en ligne des journaux s’est faite progressivement dans les rédactions depuis le début des années 1970. On a d’abord assisté à l’informatisation progressive des rédactions, permettant ainsi aux membres de la rédaction de travailler en réseau. Cette entrée des ordinateurs dans les rédactions a bouleversé le temps de production et même les contenus. On a assisté aussi à l’informatisation progressive des services de documentation avec la constitution d’archives sous formats numériques. Cette informatisation a donc été un préalable à l’émergence de la presse électronique. Cette presse électronique a une origine américaine et son histoire remonte à 1992, année de la mise en ligne du Chicago tribune. En 1993, le quotidien San José Mercury news crée une version en ligne, le mercury news entretenu par le groupe Knight – Rider. Le site offre alors de nombreuses informations supplémentaires : textes intégraux des conférences et communiqués de presse, communiqués de presse non publiés dans le journal, fil déroulant de dépêches d’agence. 

Mais de nombreux auteurs considèrent que l’essor de la presse électronique découle de l’introduction de l’ordinateur dans le processus de production du journal. 

Le journal américain The New York Times fut le premier à faire des études sur le sujet entre 1968 et 1972[38]. L’expression Journal électronique évoluera et aujourd’hui, ce terme désigne les journaux qui sont diffusés sur Internet et non ceux qui emploient les outils informatiques. 

II.2.2. Avantages et  inconvénients 

Internet a été peut-être l’innovation la plus remarquable dans le domaine de la communication dans l’histoire de l’humanité. Comme pour chaque innovation, la presse en ligne ou la presse sur Internet a ses avantages et ses inconvénients. Mais généralement, une plus grande ampleur des avantages l’emporte sur ses inconvénients.  

La presse en ligne n’a pas derrière elle, des décennies de fonctionnement bien rodé comme la presse papier. 

La presse en ligne existe avec deux fonctions qui apparaissent assez distinctement : 

ü  Une fonction graphiste chargée de toutes les créations graphiques ; 

ü  Une fonction d’éditeur : Celle-ci est triple : 

a.     Il s’agit du travail classique de relecture identique à celui de ses confrères de la presse papier. 

b.     Il s’agit aussi dans le cas de sites des journaux écrits d’adapter des contenus imprimés à l’écran. 

c.     Il s’agit enfin, de travailler sur ce qu’il fait la valeur ajoutée du média Internet : l’image fixe ou animée (photo ou vidéo, infographie fixe ou animée) et le son. 

DESAVANTAGES 

La caractéristique première de la presse en ligne est l’absence d’heures de bouclage. Puisque, grâce à l’instantanéité, le bouclage est permanent. 

La notion de temps en est du coût très différente. Tout l’intérêt réside évidemment dans la mise à jour de l’information en temps réel, ce qui bouleverse les notions de délai de bouclage. Ceci pour dire que sur Internet, la presse n’est pas mise à jour normalement, donc elle est irrégulière. 

AVANTAGES 

Une faute ou une copie peut être corrigée aussitôt que l’on s’aperçoit de leurs existences. 

II.2.3. La presse en ligne à Lubumbashi 

Certains journaux lushois prennent conscience des avantages que proposent le Net et à leur tour, créent leurs sites Internet. Ils commencent dès lors à rechercher un lectorat différent de celui de leur version papier. Parmi les services que proposent ces journaux, on a la lecture des articles, la consultation des archives et la possibilité de réagir ou de contacter les auteurs des articles. Ces services sont gratuits mais pour accéder à certains comme les appels d’offres, il faut payer ou détenir un code de verrouillage. Voici la liste des journaux lushois qui ont ou qui ont eu une version en ligne : 

ü  La Gazette de Lubumbashi = http://lubumbashi-fr.blogspot.com/ 

ü  Agence Congolaise de Presse = http://www.acpcongo.cd/  

ü  Katanga news = http://www.katanganews.cd/ 

Þ    Le premier journal en ligne du Katanga

ü 
= http://congoblog.net/ 

ü  Nyota = http://www.nyota.net/ 

ü  Mwangaza = http://www.mwangaza.net/ 

ü  Jua = http://www.rtlj.net/ 

ü  La nouvelle dépêche : http://www.racidek.net/nouvelledepeche/wordpress  

Source : Ces sites ou blogs d’informations des différents journaux lushois ont été obtenus à l’aide d’une recherche sur Internet et les autres nous les avons eus auprès de leurs Editeur-responsables. 

 



[1] Maître Edg. THOMAS cité par H., Verdier, Les Relations Publiques : Information et action, Ed. de l’Entreprise Moderne, Paris, s.d, p. 151. 

[2] BÜHLER, Michaël, Introduction à la communication, Tema-éditions, Paris, 1974, p. 100

[3] Bernard LAMIZET et Ahmed SILEM, Dictionnaire encyclopédique des sciences de l’information et de la communication, éd. Marketing S.A, Paris, 1997, p. 43.

[4] DIKANGA KAZADI, J.-M., Méthodologie de l’information, Cours destiné aux étudiants de troisième graduat Sciences de l’Information et de la Communication, Faculté des Lettres et Sciences Humaines, Département de l’Information et de la Communication, Université de Lubumbashi, Inédit.

[5] MULENGA Kanso, Panorama de la presse du Katanga, Médiaspaul, Kinshasa, 2007, p. 8.

[6] http://www.wan-press.org/article6468.html, page consultée le 24 janvier 2011.

[7] Bernard POULET, La fin des journaux et l’avenir de l’information, Gallimard, 2009, (Extraits en ligne [archive]). (en) Robert G. Picard, « Journalism, Value Creation and the Future of News Organizations », Joan Shorenstein Center on the Press, Cambridge (Massachusetts), Harvard University, Research Paper R-27, 2006, p. 8. [Lire en ligne [archive]] [PDF], page consultée le 16 février 2011.

[8] Aldo FALCONI, Les bases de l’audiovisuel, Saint Paul Afrique, Kinshasa, 1992, p. 112.

[9] WARREN Agee et Alii, Médias, 9é édition, De Boeck Université, Bruxelles, 1989, p. 75.

[10] DIKANGA KAZADI, J.-M., op. cit

[11] Aldo FALCONI, ssp & François-Xavier BUDIM’BANI YAMBU, Lexique des médias, Internet et multimédia, p. 118.

[12] Ibidem, p. 118.

[13] REY, Alain (dir), Le Robert Micro. Dictionnaire de la langue française, Le Robert, Paris, 2006.

[14] LUHEMBWE NGOY, Raymond, Informatique Générale, Cours destiné aux étudiants  de deuxième graduat Sciences de l’Information et de la Communication, Faculté des Lettres & Sciences Humaines, Université de Lubumbashi, p. 3.

[15] F. Balle, Médias et sociétés, 9e édition, Montchrestien, Paris, 1999, p. 176.

[16] Ibid., p. 176.

[17] Aldo FALCONI, ssp & François-Xavier BUDIM’BANI YAMBU, Op. Cit., p. 92.

[18] P. Kent, Internet, comment faire, Campuspress, Paris, 2001, p. 8.

[19] DIKANGA KAZADI, J-M., Op. Cit.

[20] Les chiffres exacts ne sont pas donnés parce qu’ils sont différents selon les sources. 

 

[21] M.C VETRAINO, Soulard, Les enjeux culturels d’Internet, Hachette, Paris, 1998, p. 59.

[22] Internet

[23] Il existe deux types de presse sur Internet, celui cité ci-dessus, différents des webzines, journaux qui n’ont que la version Internet, donc éditées pour le Net.

[24] Ingrid Alice NGOUNOU, La presse en ligne dans la démarche d’information des étudiants immigrés ; cas des Camerounais de France, Mémoire de Licence, Université de Paris II, accessible à partir de http://www.memoireonline.com, page consultée le 06 mars 2011.

[25] Guy LACROIX, Le mirage Internet, Vigot, Liège, 1997,  p. 25.

[26] Rémy GALLAND, in la publication en ligne, Hermès, Paris, 2001, p. 84.

[27] Le 17 Juillet 1996, le vol TWA 800 s’écrasait dans l’Atlantique, au large de long Island, entraînant dans la mort ses 130 passagers et membres d’équipage. La tragédie allait bouleverser les Etats-Unis et donner lieu à une longue série de spéculations qui seraient abondamment relayées par Internet. 

Quatre mois plus tard, le Journaliste à la retraite Pierre Salinger, une vedette de 20 ans de journalisme télévisé, notamment comme correspondant en Europe du réseau ABC, proclamait avoir mis la main sur un scoop. Au cours d’une conférence donnée devant des dirigeants de compagnie, il annonçait avoir obtenu d’une personne liée au gouvernement un document top secret relevant que la TWA avait été abattue par erreur, par un missile de la marine américaine. La nouvelle était juteuse sauf qu’il allait suffire d’une demi-journée à des centaines d`internautes pour pointer le doigt sur le site web d’un amateur de théories du complot sur lequel ce document dormait depuis des mois. P. Lapointe, Le journalisme à l’heure du net, Presses universitaires de Laval, Québec, 1999, pp. 114 – 115. 

[28] LUHEMBWE NGOY, Raymond, Op. Cit., p. 5. 

[29] Aldo FALCONI, ssp & François-Xavier BUDIM’BANI YAMBU, Op. Cit., p. 116.

[30] http://wikipédia/lubumbashi-origine.

[31] Aldo Falconi, ssp & François-Xavier BUDIM’BANI YAMBU, Op. Cit., p. 48.

[32] Livre Vert de la Commission Européenne sur la convergence dans la société de l’information, p. 9, accessible à l’adresse www.europa.eu.int/ispo/convergencegp/97623fr.doc, page consultée le 16 février 2011.

[33] Ibidem, p. 9.

[34]http:// www.dicoweb.dalloz.fr/convergence.htm, page consultée le 06 mars 2011.

[35] MULENGA Kanso, Op. Cit., pp. 10-13.

[36] J.C GUEDON, La planète cyber-Internet et cyberespace, Gallimard, Paris, 1996, pp. 30-31. 

 

[37] Source : Site du San José Mercury news, www.mercurynews.com, page consultée le 26 janvier 2011.  

 

[38] A. TOUBOUL, La presse électronique : Discours et offre de la presse française d’information générale sur le réseau Internet, Mémoire de DEA, Université de Lyon 2, 1996, p. 20.

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